Pierre Henry

Pierre Henry et la musique concrète

 

Date

1980

Collection

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Rey, Anne, “Pierre Henry et la musique concrète,” Pierre Henry, accessed September 16, 2026, https://pierre-henry.org/items/show/1873.

Creator

Rey, Anne

Description

"Comment mieux définir la musique concrète qu’en empruntant aux dadaïstes un de leur aphorismes : “Dada,c’est un état d’esprit”. Entendez par là que Dada ne fut ni une tendance, ni un mouvement, ni une école mais, chez tel ou tel, une disposition pressante et quasiment originelle. La musique concrète, pour ceux qui la pratiquent, est aussi un état. Un état d’oreille. On est concret. On naît concret. Et il paraît même qu’on ne devient concret qu’au prix d’une conversion décisive.

Pierre Henry aime expliquer qu’il ne se sent pas un musicien concret par le seul fait qu’il ne compose pas comme Beethoven et Boulez, qu’il n’utilise ni papier rayé ni interprètes et qu’il combine entre eux des fragments sonores dérobés aussi bien à la gamme des bruits qu’à celle des hauteurs. L’emploi de la bande magnétique, le travail sur les machines en studio, le mixage, le montage, la diffusion par haut-parleurs s’apparentent pour lui à une manière (noble) de faire la cuisine: à chacun ses recettes. Pierre Henry dit qu’il aurait pu être ce qu’il est - un créateur - sans avoir signé une seule oeuvre. Et ce n’est pas une plaisanterie.

Non, s’il se sent avec tant de force un musicien concret c’est au sens propre - au sens “concret” - la musique en lui, et autour de lui, a tout envahi : sa façon de lire un poème ou de parcourir un roman policier, sa perception du temps, des formes et des couleurs, mille moments de sa vie quotidienne, promenandes, conversations, sommeil, tout s’ordonne désormais - ou, plutôt, se “dé-sordonne” -en une gigantesque symphonie dont il est le seul, hors de toute logique rationnelle, à saisir l’ordonnance et la continuité. Qu’il se trouve au cinéma et le voici qui, dans sa tête, superpose au film son propre découpage. Au concert, ce serait la même chose...s’il allait jamais au concert. Isoler un fragment du réel, se l’approprier par un travail d’imagination, l’immerger dans une nouvelle réalité - une réalité seconde,  une “sur-réalité” - voici peut-être ce qui définit en dernière analyse la démarche concrète. Tout, alors, devient objet. Tout est musique. [...]"

Anne Rey, in disque Philips Futuristie, 1980

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Identifier

http://pierre-henry.org/items/show/1873

Source

Fonds Pierre Henry

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