XXII - POUR PENSER À UNE NOUVELLE MUSIQUE
Date
1947
Collection
Relations entre contenus
Ce contenu Reproduit dans
Journal de mes sons
Pour citer ce document
Henry, Pierre, 1927-2017, “XXII - POUR PENSER À UNE NOUVELLE MUSIQUE,” Pierre Henry, consulté le 16 septembre 2026, https://pierre-henry.org/items/show/1737.
Sous-titre
Préfaces et manifestes
Créateur
Henry, Pierre, 1927-2017
Description
Pierre Henry a écrit ce manifeste en 1947 qui est paru en octobre 1950 dans Le conservatoire n°13, Bulletin officiel des conservatoires nationaux de musique & d'art dramatique.
Vingt-deuxième texte des "Préfaces et Manifestes", dédiés à la mémoire de Félix Passeronne, qui a enseigné à Pierre Henry l'art des percussions au Conservatoire national de Paris.
Il faut détruire la musique. Elle ne correspond plus à rien pour nous dans la mesure où elle doit être HARMONIE DES SPHÈRES. Dans la mesure où le sacré s’est transporté de l’Absolu jusque dans la vie elle-même, la musique doit se transporter de la sphère de l’art (musicalement parlant) dans le domaine de l’angoisse sacrée.
Si les conventions musicales, l’harmonie, la composition, les règles, les nombres, le côté mathématique et les formes avaient un sens par rapport à un Absolu, aujourd’hui la musique ne peut en avoir que par rapport aux cris, au rire, au sexe, à la mort. Tout ce qui nous met en communication avec le cosmique, c’est-à-dire avec la matière vivante des mondes en feu. Il faut prendre immédiatement une direction qui mène à l’organique pur. A ce point de vue, la musique a été beaucoup moins loin que la poésie ou la peinture. Elle n’a pas encore osé se détruire elle-même pour vivre. Pour vivre plus fort comme le fait tout phénomène vraiment vivant. Cela ne veut pas dire : écarter toute règle, toute rigueur ou toute forme, mais pas d’autres règles que celles visant à l’efficacité. Je crois que l’appareil enregistreur est actuellement le meilleur instrument du compositeur qui veut réellement créer par l’oreille et pour l’oreille. Si nous voulons lutter contre la mécanique, il faut employer des méthodes mécaniques, ainsi la machine se retournera contre elle-même. Un son enregistré est instantanément détruit en tant que machine.
Le Mythe du Moderne n’existe plus. Les bruits seront supprimés. Ils deviendront désincarnés, désignifiés et comme sacralisés.
Alors ce sera peut-être la musique concrète, la musique du VIVANT et du SOLEIL.
Si les conventions musicales, l’harmonie, la composition, les règles, les nombres, le côté mathématique et les formes avaient un sens par rapport à un Absolu, aujourd’hui la musique ne peut en avoir que par rapport aux cris, au rire, au sexe, à la mort. Tout ce qui nous met en communication avec le cosmique, c’est-à-dire avec la matière vivante des mondes en feu. Il faut prendre immédiatement une direction qui mène à l’organique pur. A ce point de vue, la musique a été beaucoup moins loin que la poésie ou la peinture. Elle n’a pas encore osé se détruire elle-même pour vivre. Pour vivre plus fort comme le fait tout phénomène vraiment vivant. Cela ne veut pas dire : écarter toute règle, toute rigueur ou toute forme, mais pas d’autres règles que celles visant à l’efficacité. Je crois que l’appareil enregistreur est actuellement le meilleur instrument du compositeur qui veut réellement créer par l’oreille et pour l’oreille. Si nous voulons lutter contre la mécanique, il faut employer des méthodes mécaniques, ainsi la machine se retournera contre elle-même. Un son enregistré est instantanément détruit en tant que machine.
Le Mythe du Moderne n’existe plus. Les bruits seront supprimés. Ils deviendront désincarnés, désignifiés et comme sacralisés.
Alors ce sera peut-être la musique concrète, la musique du VIVANT et du SOLEIL.
Sources
Identifiant
http://pierre-henry.org/items/show/1737
Source
Fonds Pierre Henry, boite rouge PHBR-00001 - DONAUD 1807_000190_10
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