Pierre Henry

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  • "... Musicalement, il s'agit de réaliser des mélanges spontanés de musiques électroacoustiques pré - enregistrées, avec des interventions de « musique perpétuelle et aléatoire fonctionnant automatiquement » et des sons électroniques faits en direct par Bernard Bonnier sur un « complexe générateur-modulateur d'impulsions et battements par Larsen électrique ». Un matériel considérable de sonorisation est employé, avec des possibilités de mixage et d'éclatement inouïes. Pierre Henry continue sa fuite en avant dans la boulimie sonore. Carolyn Carlson et ses danseurs, qui interviennent librement au milieu de ce déferlement, forment un centre pour l'attention. Le spectacle est à la hauteur de son titre, c'est, comme le dit Jean Cotte, « une orgie énorme... la bacchanale du décibel en goguette... la foire à la musicaille ! ».
        Jusqu'ici, son œuvre évoquait une nature stylisée, refaite en studio. Dans Enivrez-vous, il emploie d'authentiques sons naturels pris en extérieur, lors de ses voyages et ses vacances. Récupérant aussi des musiques traditionnelles du monde entier, les mélangeant et les multipliant, il fait la musique de toute la terre, de la terre vivante,  avec son humanité, ses tempêtes, ses couchers de soleil, ses villes exotiques, où se rassemblent des foules en cérémonie ou en liesse.
     Lui, qui se dit déçu par les voyages « vrais », se fait un voyage de sons à sa convenance, il recompose les civilisations et les paysages qu'il aimerait voir. Dans ce grand livre d'images, où l'on retrouve des saveurs et des odeurs d'enfance, tout Pierre Henry est là, avec de grandes cavalcades électroniques, des exercices gymniques pulsés par des sons die respiration, des continuums implacables. Et, pour la première fois, il fait un "retour aux sources" ; en reprenant des extraits de vieilles œuvres et de vieilles émissions de radio des années 50, il voyage dans le temps de sa création comme dans un espace désormais bouclé, refermé sur lui-même. C'est une première approche du Parcours-Cosmogonie de 1976."
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  • ANTIPHONIE, 1951
    Toujours dans cette tendance d'un retour au papier à musique, il écrit la partition sérielle d'Antiphonie, une œuvre qui, elle, est réalisée peu après. Cette partition est faite «d'un schéma rigoureux, où les durées sont notées avec précision (en centimètres sur la partition). Deux séries de blocs sonores s'opposent à la façon de I'antiphonie du Moyen Age - d'une part des groupes formés de cellules - c'est-à-dire de courts motifs sonores - en renouvellement continuel; d'autre part, une série rigide de douze sons complexes de timbre, de durée, hauteur et ampleur dissemblables. Le tout est traité de manière systématiquement différente. [...] La construction d'Antiphonie est basée Sur des durées rythmiques en équivalence avec la nature du matériau employé. Chaque son traité a son silence complémentaire ».
    En clair, cette brève musique fait entendre un contrepoint, très lisible, entre une chaîne sonore de sons hétéroclites qui, collés les uns aux autres, forment une ligne brisée imprévisible et agitée, et, d'autre part, de brefs sons haletants, tombant à intervalles irréguliers, entre des silences également imprévisibles. Même s'il est impossible - comme pour toute œuvre sérielle - de suivre le jeu structurel qui a été la base de la partition, on est emporté par un mouvement spasmodique, sauvage, une espèce de swing irrationnel. Pour sa première utilisation systématique du magnétophone (les sons d'Orphée 51 étaient essentiellement des sons de tourne-disques repiqués sur bande), Pierre Henry a joué à fond de son principal apport : le montage. D'autant plus que la vitesse professionnelle de l'époque (76 cm par seconde), permettait, bien avant les « micro-échantillonnages» pratiqués sur l'ordinateur, de monter les sons en dessous même du seuil où l'oreille est à même de discerner deux phénomènes successifs. Mais ce qui rend Antiphonie très vivant, par opposition à d'autres études sérielles (comme Studie 1 de Stockhausen, faite à la même époque), c'est que son matériau sonore de base est très dynamique, il a une vie de son, il n'est pas un vague bruit impersonnel: et d'autre part. que ce jeu plutôt abstrait avec les durées est pulsé par l'utilisation du silence qui fait rebondir les sons, les magnétise et les charge, atomes éparpillés, d'une tension vivante. C'est une des premières œuvres où Pierre Henry manie systématiquement les rythmes irrationnels (d'une périodicité subtilement irrégulière), ce qu'il fera avec un art de plus en plus raffiné dans ses grandes «études rythmiques» des années 70.
    Collection Textes
  • Texte inclus à l'intérieur de la pochette du LP Messe de Liverpool
    Date 1970
    Collection Textes
  • Texte sur le verso de la pochette du LP Voile d’Orphée I et II / Entité / Spirale
    Date 1969
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  • Traduction de l'article au sujet du concert de Pierre Henry le 25 janvier 2008 dans le cadre du festival CTM (Club Transmediale Festivale) à la Volksbühne à Berlin.
    Date 2008
    Collection Textes
  • Texte inclus dans le programme du Béjart Ballet Lausanne au Théâtre national de Chaillot pour le ballet Variations pour une porte et un soupir du 18 au 22 octobre 1995, salle Jean Vilar.
    Date 1995
    Collection Textes
  • Cher Pierre,
    J’ai enfin pu écouter « Fanfare et arc-en-ciel », et les deux mots qui me sont venus sont « beau » et « réjouissant ».
    Réjouissant car cette introduction en fanfare l’est réellement, réjouissante. Comme lorsque le générique démarre dans la salle obscure et que l’on est impatient que le film commence…
    Réjouissant car elle apporte le sourire, l’envie de connaître la suite, l’envie de vous suivre dans votre univers, dans vos inventions, dans votre liberté, dans votre humour discret aussi.
    Réjouissant car cette fanfare revient en respirations, en sous-texte, en ponctuations qui replacent l’écoute dans un champ où tout est possible…
    Réjouissant pour moi car cette ouverture me paraît idéale pour le projet de « Concert pour le temps présent ».
    J’aime aussi beaucoup l’introduction de la version longue, et c’est d’ailleurs l’occasion de vous dire que je vous trouve très juste dans vos choix pour la version longue et pour la version courte. Vous avez parfaitement compris ce qu’il nous fallait pour notre spectacle. Et votre maîtrise des permutations nécessaires de mouvements selon les versions est aussi impressionnante. « Beau », et c’est bien sûr l’essentiel, beau pour de multiples raisons.
    C’est une belle œuvre car elle établit un pont incroyable entre votre travail d’aujourd’hui, si actuel, si ancré dans le présent, voire visionnaire, et tout le travail de création de sons des années 50/60. C’est un plaisir incroyable de retrouver les larsen, les sons de piano préparé dans cette composition d’aujourd’hui. Comme une œuvre contemporaine jouée sur instruments anciens, pour le plaisir du timbre, inimitable.
    Beau car le découpage de votre composition, dans les deux versions, respire notre époque tout en atténuant ses défauts. Les mouvements sont à la fois courts, créent une dynamique d’écoute sans cesse renouvelée, tout en nous permettant de prendre le temps de rentrer dans vos matières sonores si riches.
    Un immense merci pour cette création double qui me stimule énormément pour la suite du projet. J’ai hâte de l’entendre sur un orchestre de haut-parleurs, hâte que vous nous la fassiez découvrir réellement à Metz au mois de mars prochain.
    Date 2014
    Collection Textes
  • "La rencontre de Gary Wright, organiste et chanteur, et de Pierre Henry donne un document étonnant d’une convergence provoquée vers une architecture pop’music contemporaine. Ce qui étonne, c’est cette force incantatoire, cette montée progressive et violente des sons, jamais réalisée sur deux plans différents, dans deux directions, mais d’une même structure. Un jeu subtil de balancement crée un climat d’étrangeté. Cette Messe a quelque chose d’une messe noire, fête païenne qui n’est pas pour nous déplaire."
    Date 1970
    Collection Textes
  • " Le "film" de l'Apocalypse passe devant les yeux avec un réalisme un peu naïf d'un tympan roman, le baroque d'un tableau de Bosch ou l'au-delà fantastique de Lovecraft ... C'est ainsi que la musique de Pierre Henry est plus vivante qu'intellectuelle. "
    Date 1968
    Collection Textes
  • « Œuvre désarmante, déroutante, qu'on ne sait par quel bout prendre: c'est bien plutôt elle qui nous prend, qui nous subjugue, nous arrache à nous-même. Aussi mystérieuse, aussi obscure que le texte qu'elle illustre, cette musique en a cependant la beauté éblouissante, la force dramatique, la violence poétique ... Toute comparaison avec une musique existante - fût-ce celle d'un Penderecki - devient bientôt impossible, absurde. Cet assemblage savant de sons est un monde en soi, palpitant, cohérent, et si fascinant qu'on ne peut à son propos parler d'imitation, ni d'illustration de texte; monde de symboles suggestifs dans leur géniale transposition. »
    Date 1968
    Collection Textes
  • Entretien de Pierre Henry par Jean-François Bizot pour Nova Magazine n°23, novembre 1996
    Date 1996
    Collection Textes
  • La danse par Antoine Golea : article sur "Orphée" de Maurice Béjart au théâtre des Champs Elysées.
    Date 1959
    Collection Textes
  • Date 1980
    Collection Textes
  • Date 1963
    Collection Textes
Format de sortie

atom, dc-rdf, dcmes-xml, json, omeka-xml, rss2